26.09.2008

Halte au hors sujet!

La Constituante est la seule campagne politique dans la quelle je me sois lancé. Alors frais et optimiste, je participe volontiers à tous types de débats, et suis les multiples communications des candidat(e)s, dans le but de contribuer autant que possible à l’élaboration et à l’échange d’idées.

 

Mais plus l’élection se rapproche, et plus je suis étonné d’entendre des propos qui portent sur des thèmes aussi variés que l’interdiction du clonage humain, le besoin d’imposer des règles d’éthique aux multinationales, ou encore le besoin d’interdire certains produits venant de l’étranger. Sans vouloir en aucune manière minimiser l’importance de ces thèmes pour notre société, il est absurde de les soulever dans le cadre de la Constituante.

 

Peut-être crois-je encore assez à la politique pour concevoir que le fait d’essayer d’effrayer le chaland sur un hypothétique bio-Frankenstein vienne du besoin de partager ses propres émotions,  et ne soit pas simplement une manière de lui faire retenir un nom en vue d’une élection. Mais que ce soit par ignorance ou par mauvaise foi, il faut arrêter le hors sujet.

 

Le défi de la Constituante ne consiste pas à redessiner une planète plus belle, plus propre et plus juste. Non pas parce que ce n’est pas important, mais parce que ce n’est pas le propos de cet exercice. La Constituante devra proposer ce que nous, citoyens genevois, voulons comme étant

 

  • les droits et les obligations fondamentales de tous les habitants du canton,

     

  • le rôle de l’Etat par rapport à l’individu,

     

  • le fonctionnent nos institutions politiques, administratives et judiciaires,

     

  • notre organisation territoriale,

     

  • la projection régionale et internationale que nous ambitionnons pour notre canton,

     

  • etc…

Cette liste, loin d’être exhaustive, aide à comprendre l’importance du défi que nous nous sommes lancés en voulant réécrire notre Constitution. Alors bien sûr qu’il faut sauver les pandas, mais cela serait déjà une réussite extraordinaire si nous arrivions à avoir une Constitution qui affirme de manière durable nos valeurs fondamentales, notre système de démocratie participative et directe, établisse les institutions d’un état moderne, capable de s’adapter rapidement au changement, fonctionnant de manière transparente et efficace, en étant ouverte sur notre région et sur le monde. En plus, c'est un objectif à notre portée!

Par ailleurs, que cela n’empêche personne d’aller sauver les pandas...

23.09.2008

Prospérer, c’est se donner les moyens de s’adapter

Les lois de survie des espèces nous démontrent que la capacité à prospérer sur la durée est basée sur la faculté d’adaptation aux changements qui peuvent survenir. Au lieu débattre de quoi demain sera fait, la Constituante doit donner à Genève cette faculté d’adaptation à un futur que nous ne pouvons de toutes les manières pas deviner.  

 

 

Concrètement, pouvoir s’adapter signifie donner à notre canton des institutions simples et transparentes qui permettent aux élus et à l’administration qui nous servent de prendre des décisions et de les réaliser de manière efficace et rapide, tout en assurant la sanction politique du souverain par les urnes. Les mots clés sont simplifier, décloisonner, faire tomber les barrières. Le piège à éviter à tout prix: entrer dans des débats stériles opposant les intérêts des uns aux autres.

 

 

Prenons l’exemple du logement. Le nombre imposant de listes s’inspirant de problématiques immobilières nous laissent craindre un débat stérile sur les différents droits au logement ou à la construction que les uns et les autres défendent. Cela serait un dédoublement du débat qui a déjà lieu devant toutes les instances politiques et administratives en place. Le débat de la Constituante ne doit pas entrer dans ces polémiques, mais donner aux genevois les moyens de gérer ce type de situations à long terme.

 

 

En regardant le fond du problème, il y a aujourd’hui à Genève une demi-douzaine d’administrations cantonales et communales chargées de planifier l’urbanisme d’un territoire de 257km2 ! Difficile de trouver une véritable responsabilité politique entre canton, ville de Genève et autres communes, et encore mois une unité d’action administrative capable d’agir avec efficacité et transparence.  Comme ce constat est facile à faire, le débat porte souvent sur les moyens à mettre en œuvre pour rationaliser par la fusion ou l’incitation à la fusion de communes. Mais il y a confusion entre les symptômes et la cause du problème. Ce n’est pas parce qu’il y a des communes qu’il y a atomisation du problème, c’est parce que nos institutions ne définissent pas d’unité politique et administrative sur ce sujet, pourtant clé pour notre avenir. Pas besoin de toucher au nombre de communes pour résoudre ce problème purement institutionnel. 

 

 

Les communes sont la composante clé de notre système de démocratie directe qui permet au citoyen d’avoir une prise immédiate sur ses élus. Les communes doivent avoir des moyens forts de participation au processus de décision démocratique en matière d’aménagement du territoire. Mais une fois les objectifs définis, le meilleur moyen de les réaliser est d’avoir une seule administration chargée de les mettre en œuvre, sous une direction politique issue d’un processus démocratique clair, et responsable devant les urnes. C’est alors que les le Souverain pourra faire un choix sur les orientations nécessaires à adapter notre canton à l’évolution de son environnement, et les voir appliquées par ses élus et son administration de manière transparente et efficace.

 

 

Les principes de notre démocratie participative reposent sur la vie communale. Mais maintenir les communes et renforcer leur poids politique ne doit pas empêcher le regroupement des compétences, des processus de décision et des responsabilités administratives, pour que Genève ait la capacité de changement et la faculté d’adaptation que l’avenir ne manquera pas d’exiger de nous.  La Constituante nous offre une opportunité d’augmenter nos chances de voir notre canton et sa région prospérer à long terme. Saisissons cette opportunité pour nous enfants!